vendredi, octobre 12, 2012

NYC: La fois où j'ai cru que j'étais S.


Enfin non pas S., pas B. Non, mieux ! Un condensé des deux, Serena sans son poireau à côté du nez et Blair sans son double menton, un délicieux cocktail de wonderfulness, vertigineusement talon aiguillée, brushinguée, et full de self confidence...Prête à faire la fête jusqu'au bout de la nuit à New York la ville qui ne dort jamais. Je suis la déesse de la night new yorkaise, Je suis Queen BFF, je suis...en retard !





Mais mon accoutrement (mini jupe + escarpins) ne permettant que des enjambées limitées dans leur efficacité, je trottine plus que je ne courre vers le métro. C'est à cet instant que je réalise que je ne suis effectivement pas Serena van der Woodsen parce que si j'étais Serena van der Woodsen je serai dans une limo en train de boire du champagne avec Chuck, or je suis à présent en train d'attendre le métro avec pour seule compagnie un sans-abri (quoiqu' il a l'air fortement alcoolisé ce qui marque un gros point commun avec Chuck ! ). Mais ça ne m'empêchera pas d'être la déesse de la night. Pour ne pas me sentir boudinée dans ma robe (que j'ai prise XS pcq le vendeur était mignon et que je ne voulais pas qu'il me prenne pour une grosse en checkant mon étiquette), j'ai eu la brillante idée de sauter mon repas. Mais pas folle la guèpe, comme je suis la personne que Serena van der Woodsen rêve secretement d'être, j'ai pris un smoothie à la spiruline à emporter pour arnaquer mon estomact qui n'y verra que du feu. (et me le fera indéniablement payer le lendemain).

Le trajet en métro se passe sans encombres dans les entrailles de Manhattan et ce, jusqu'aux escaliers menant à la 5th Avenue. Comme je gravis les marches du mieux que ma jupe me le permet, l'abominable cruauté de l'existence me rattrappe. Il ne suffit que d'une seconde pour faire basculer une vie comme on dit, eh bien pareil pour la soirée de ma vie (celle où Chuck va me demander en mariage parce que m'avoir moi est l'équivalent d'un threesome avec Serena et Blair). Une seconde, ce qu'il faut à la peau échauffée de mon talon pour frotter la paroie de l'escarpin un fois de trop et à ma peau de se déchirer en ce qu'on appelle communément "une putain d'ampoule ouverte à vif et bien douloureuse". Qui va prendre soin de foutre votre soirée en l'air. J'ai distinctement entendu le "schriitch" fendre le silence des rues newyorkaises, comme si même les écureuils de Central Park avaient retenu leur souffle en sentant dans leur moustaches frémissantes ma vie basculer. J' ai tellement mal que j'ai l'impression qu'on m'a sectionné la jambe entière. D'ailleurs, si les secours n'arrivent pas très vite je devrai peut-être me résoudre à m'amputer moi même avec ma lime à ongle. J'achève tant bien que mal la volée de marches en couinant. Et surtout, je prie Dieu (Enfin Karl Lagerfeld) pour qu' il reste un pansement quelque part dans mon portefeuille. Sinon je pourrai toujours arracher un bout de ma jupe pour me faire un garrot. Mais vu sa longueur j'aimerais éviter d'en arriver là. (encore une fois vous croyez qu'un mec ce serait arreté pour me proposer un bout de sa chemise ? Sûrement pas ! Où diable est passé Chuck ??). Vous devez savoir que si mon portefeuille était doté d'un majeur il passerait son temps à le brandir dans ma direction, et cette nuit ne fait pas exception. C'est toujours pareil ! Que ce soit pendant les soldes où je regarde si "des fois j'y aurais pas égaré un billet de 100 balles" ou maintenant quand j'espère un miracle, un sponsoring d'hansaplast ... Pas de pansement donc. De toute façon les pansements c'est comme les ballerines, c'est pour les petites joueuses... D'ailleurs si je tords la cheville à 85° vers l'extérieur la douleur devient presque supportable quand je marche, je sens à peine mon pouls battre dans mon talon. OH MON DIEU JE VAIS MOURIR. J'ai la démarche de "Beyonce ft. le chorégraphe de Thriller".

C'est donc en boîtant que j'arrive à destination, le 230 fifth.


Je me présente devant le vigile. Il me lance un regard hyper méfiant ( la douleur de ma plaie béante m' a arraché quelque larmes donc forcément le smokey eye en a pris un coup dans le sex appeal) Et puis j'ai tellement froid que je tremble comme si j'étais en pleine crise d'épilepsie, à coup sur il doit me prendre pour une junkie sous coke... Mais je réalise bien vite que son regard mauvais s'adresse en fait directement à mon gobelet au liquide verdâtre que je tiens toujours à la main (forcément toutes ces émotions m'ont coupé l'appétit) Je m'empresse de préciser que ce n'est que de la spiruline et que je ne compte ni la fumer ni la sniffer. Ah. Ah. Ah. Je me retiens de lui donner un coup de coude hilare dans les côtes ( Il risquerait de m'en briser 5 en réponse).
"Ahaha" donc...
Il réagit, de fait, assez mal à mon humour ravageur. Et mon rire de gorge n'y change rien. Je le regarde et n'arrive pas à décider de si il est sur le point d'éclater de rire, me faire une grande tape dans le dos et m'inviter à entrer faire la fête ou de me dégager comme une malpropre. Je précise alors que ma démarche claudiquante n'a rien avoir avec un quelconque état d'ébriété avancé mais que j'ai juste une ampoule ouverte et que si il ne voit pas le rapport il n'a qu'à googler 'ampoule ouverte pied" et il comprendra (Tant pis pour ma dignité). Mais rien n'y fait , il m'interdit l'accès. J'ai un hoquet d'indignation qui ne fait qu'aggraver mon cas.

Désespérée je fais quelque pas sur le trottoir ( En vrai je suis à cloche-pied parce que mon talon meurtri me fait vraiment trop mal).

Et c'est là que ce produit l'instant sur le point de transformer ma soirée pourrie en comédie romantique New Yorkaise, j'aperçois au loin, dans le tumulte de la saturday night fever, deux phares. Je plisse des yeux pour mieux voir (car mes lunettes sont rangées dans la même boîte que les pansements et les ballerines) et ce que j'aperçois me rappelle que Dieu existe. Car il s'agit d'une limousine... Qui s'approche de moi... Chuck enfin ! me dis-je. Je fais encore quelque pas vers la rue, les phares s'approchent, et puis comme dans un film en noir et blanc au ralenti, la longue voiture sombre s'approche du trottoir , s'approche de moi et...d'une effroyable flaque d'eau visqueuse de la taille d'une piscine olympique dont le contenu vient gicler sur ma robe à paillettes qui ne supporte que le nettoyage à sec, et ce avant de continuer sa route.

Fuck.
Mais vous savez quoi ? Je m'en fous. Parce que j'ai toujours su que j'étais plus une Carrie qu'une Serena...



Article précédent : Sur les pas de SEX AND THE CITY

2 commentaires:

  1. J'ADORE!!! Bon, au final, tu as terminé où? :)

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  2. ...dans les toilettes du McDo pour essayer d'enlever la tache, pardi ! :P

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