jeudi, juillet 12, 2012

Lost in NYC

imaginez

vous êtes dans New York par une chaude soirée d'été, vous êtes seule, votre sœur a rejoint des amis à une soirée... Vers 22h30h vous décidez de regagner votre appartement, vous prenez donc le métro, là vous rêvassez jusqu'à ce que le numéro de votre station, le 125, apparaisse. C'est étrange vous ne reconnaissez pas la station...vous descendez quand même en vous disant que vous avez mal vu...Ah ben si c'est une station couverte alors que la votre est découverte, bizarre ça... Mais vous n’avez pas le temps de vous retourner que le métro a déjà filé. Bon, peut être que c'est une sortie différente de d'habitude, vous gravissez l'escalier qui mène à la sortie. Là, vous comprenez qu'il y a un problème. Vous n'êtes pas dans l'Upper West Side, vous êtes peut-être à une station n° 125 mais ce n'est certainement pas VOTRE 125. Pire. Vous êtes à une station 125 dans le Bronx, il est 23h, vous portez la jupe la plus courte de votre valise et vous n'avez pas de gsm avec vous parce que " de toute façon y a pas de réseau"... En un mot : Génial.




Vous voilà dans de beaux draps. Le sens de l'orientation atrophié a encore frappé.. Vous ne vous démontez pas pour autant et tenter de raisonner. Vous revérifiez le panneau qui brille de façon assez glauque au dessus de la bouche de métro, c'est bien écrit « 125 ». Vous en déduisez que vous êtes sur la 125e rue ce qui est déjà une bonne nouvelles mais trop à l'est ou trop à l'ouest, en tout cas trop au Bronx. C'est assez ennuyant comme situation dans la mesure où vous n'avez pas de boussole donc difficile de localiser l'Est et l'Ouest, vos années scout vous rappellent que la mousse pousse toujours du côté nord des troncs d'arbres, sauf que merci y a plus d'arbre dans le Bronx depuis 1492. Vous décidez d'utiliser votre instinct (alors que vous savez très bien que c'est une mauvaise idée, la dernière fois que vous avez fait confiance à cet enfoiré d'instincts c'était à un QCM de math et le résultat s'est avéré désastreux). Mais n'écoutant que ce gros baratineur qui croit tout savoir mieux que tout le monde (c'est pour ça que "instinct" est un mot masculin ^^) vous prenez à droite. Et puis de toute façon ça vous mènera bien quelque part, il sera toujours temps d'improviser au prochain croisement de rue. Sauf que plus vous progressez plus l'éclairage devient rudimentaire, le trottoir sale ( genre y a des taches ultra chelou par terre, du sang !) et l'atmosphère générale lugubre. A la 3e vitrine éclatée, vous décidez que vous vous êtes trompée de côté et rebroussez chemin, c'est là que vous croisez une bande d'individus tout à fait charmants qui s'adressent à vous dans un anglais dont vous ne comprenez pas toutes les subtilités mais discernez tout de même distinctement le mot "pussy" , suite à cela, vous tirez discrètement sur votre jupe. La dite jupe en jeans ultra courte donnait très bien à Union Square pour prendre le soleil, tout comme votre cropped top..là maintenant tout de suite, vous vous sentez aussi à l'aise que si vous étiez en porte jarretelles et cache tétons fluo. Mais vous savez que le plus important dans ce genre de situation c'est de garder la face et de ne pas montrer qu'on a peur et qu'on est perdue. Bon l'ennui dans le fait de ne pas montrer qu'on est perdue c'est qu'on ne peut pas sortir sa carte géante de New York , forcément on serait grillé tout de suite. Pour ce qui en est de ne pas montrer qu'on a peur vous jetez un œil dans une vitrine encore entière et là, pour le coup, vous arborez votre tête de lapin pris dans la phares d'une voiture la plus convaincante, la reine de la pokerface et du sang froid. Vous envisagez de cracher par terre pour vous faire respecter (heureusement que la télé est là pour vous enseigner les codes de la rue).



Vous vous dites finalement que la meilleure chose à faire c'est de demander votre chemin à quelqu'un, vous trouverez bien une bonne âme...vous jetez un œil aux alentours et force est de constater que tous les visages que vous croisez ont des sales têtes de tueurs, tous sans exception, et puis soudain vous repensez au cannibal de Miami. Vous apercevez un homme qui boite, et envisagez de lui demander à lui, comptant sur le fait que si il vous veut du mal vous n'aurez aucun mal à le semer. Mais c'est là que vous vous rappelez qu'en plus de votre jupe la plus courte vous portez vos chaussures les plus inconfortables évidemment, et que non seulement courir est complètement exclu, mais le simple fait de marcher semble assez limité dans le temps. Vous avez bien envisagé d'enlever vos chaussures mais il semble que vous ayez trouvé un sol encore plus dégueu que celui de l'aéroport, vous vous dite que quitte à mourir, autant mourir les pieds propres (est-ce que Jésus n'a pas dit un truc du genre dans la Bible?) de tout façon il manque environ 30 dents au boiteux, à tous les coups vous comprendrez rien à son explication donc c'est pas la peine. Soudain, lueur d'espoir, vous apercevez une silhouette féminine qui s'approche de vous, enfin silhouette féminine c'est un grand mot ce serait plutôt silhouette patibulaire pourvue de seins... vous vous sentez sortie d'affaire, vous pensez: instinct maternel, solidarité féminine, tout ça...Mais quand vous découvrez le visage de la dame en question vous faites marche arrière vers le vieux boiteux édenté, finalement tout à fait sympathique.

Ayant renoncé aborder quelqu'un vous décidez qu'il serait plus prudent de vous rediriger vers le métro (mais où etait il encore ?), sur le chemin vous apercevez encore une tache rouge par terre, vous êtes persuadée que c'est du sang et vous avez assez regardé NCIS pour savoir que cette petit goutte provient d'une balle tirée du trottoir d'en face par un gaucher. Juste à coté de vous l'alarme d'une moto se déclenche sans prévenir, là, ce n'est pas un sursaut que vous faites mais un bond de 5m, cheveux dressés sur la tête.
A ce stade là vous avez juste envie de vous rouler en boule par terre en position fœtale et de chanter une chanson de Disney pour vous réconforter...

Mais je ne fais pas durer le suspense plus longtemps, j’en suis sortie vivante entière, et j’ai appris par la même occasion que comme je pensais pouvoir prendre indifféremment les lignes de métro 1, 2 ou 3, en fait non ! Les 2 et 3 amènent directement à Harlem et au Bronx.

Sinon l’article donne quelque indices du foirage total de mon pèlerinage modesque « je portais une mini jupe et un cropped top » aaarg, oui je sais. Pire ! Quand je dis mes « chaussures les plus inconfortables, je ne parle même pas d’escarpins , mais de tong (dont la lanière me fait atrocement mal quand même).. Allez y jetez moi votre Birkin à la tronche, huez moi…Mais c’est la canicule à New York et je ne sais vraiment pas comment faisait Carrie pour déambuler en Manolo dans les rues sans fins sans perdre d’orteils dans l’opération (enfin, si je sais, cette sale riche prenait le taxi et pas ce fourbe de métro qui donne le même noms à 3 stations dispersées aux quatre coins de la ville)
L’autre fois je suis passée devant le building Conde Nast et j’ai baissé les yeux tellement ma tenue n’était pas digne de fouler le même sol qu’Anna…


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