jeudi, juin 21, 2012

Before NYC: Zaventem airport

premier épisode: la douloureuse étape de l'avion:

Une chose à savoir à propos d'une bloggueuse mode c'est qu'elle préférera TOUJOURS mettre ses sous dans des chaussures plutôt que dans n'importe quoi d'autre, y compris un vol direct pour NYC. Peu lui importe de glander 5 h dans un petit aéroport perdu au milieu de Varsovie, elle a économisé 150 euros qu'elle se fera un plaisir d'investir dans des chaussures aussitôt le pied posé sur le sol américain, et se faire servir de la saucisse accompagnée de cornichons et abricots secs en guise de petit déjeuner dans l'avion (véridique), ça lui fait pas peur non plus (c'est même bon pour son régime pré-hamburger-XXL-en-folie-à-tous-les-repas), elle ne parle pas polonais? C'est pas grave elle mimera qu'elle a besoin d'aller aux toilettes pour les localiser, ce sera l'occasion de montrer ses talents de comédienne...


Le seul truc qui lui fait peur c'est le portail de sécurité avant d'embarquer, ce moment ô combien humiliant où on est obligés de se mettre presque tout nu devant tout le monde... Oui, moi sans ma montre, mes boucles d'oreilles et mon gsm je me sens à poil. Et le pire c'est le moment où un espèce de gorille m'a ordonné d'enlever mes chaussures...



"Mes kwââ?" je parviens à articuler, visage décomposé.. essayant de gagner du temps, comprenez moi, j'ai des sueurs froides à l'idée de
1. abandonner mes petits bébés dans ce moche bac bleu et aux rayons X.
2. me promener pieds nus dans ce qui doit être le sol le plus répugnant de toute la Belgique, je fais le compte mental du pourcentage de personnes souffrant de mycoses et autres joyeusetés qui ont foulé ce sol avant moi, je suis pas très bonne en statistiques mais je sais que c'est au dessus de mes forces, moi vivante, jamais je ne toucherai ce bouillon de culture grouillant de microbes et de sueur de pieds d'inconnus, c'est intolérable . Mais vous croyez que le gorille écoute quand je lui parle de bactéries ? Vous croyez qu'il prendrait la peine de me répondre quand je lui demande poliment si il a une idée d'à quelle heure les femmes de ménage sont passée ce matin et si il sait si elles utilisent de l'eau javel et si il pouvait carrément me donner la marque de l'eau de javel en question parce que...Mais que nenni, monsieur muscle, visiblement de mauvaise humeur, ne me laisse même pas terminer, il m'aboie dessus, il me répète d'enlever mes chaussures, me le traduit en flamand des fois que l'info passerait mieux. Je décide de tenter de le raisonner par la voie de la logique et lui explique que si j'étais une méchante terroriste et que je voulais faire exploser l'avion je serais pas très maligne d'avoir choisi de cacher la bombe dans mes ballerines surtout que je lui fais remarquer que le cuir est ultra fin, si, si touchez moi ce cuir, y a pas plus souple en matière de ballerine, je les ai eues en soldes en plus...Comme je suis en train de lui faire de compte rendu de mes prouesses lors des dernière soldes et comment j'ai cassé une dent à une biatch qui sous prétexte d' avoir vu les ballerines avant moi croyait que son nom était gravé dedans ad vitam eternam, je me rends compte que la carnation de l'agent de sécurité a viré au pourpre quand j'ai prononcé le mot "terroriste" pour ensuite passer au carmin au mot " bombe"... Là, c'est marrant ,il ne dit plus rien mais j'ai comme un réflexe de survie primaire qui me hurle depuis les tréfonds de mon cerveau de la fermer et de faire ce qu'il me dit...Je n'ai d'autre choix que de rendre les armes.
C'est la larme à l'oeil que je dépose mes précieuses petites ballerines sur le tapis roulant je leur promets qu'on se revera très vite, je réprime un haut le coeur en posant le pied sur le sol froid, quoiqu'un peu moite et collant (non je n'exagère pas). On va encore dire que c'est dans ma tête, mais je sens au plus profond de ma chaire la souillure et la maladie s' imprégner. Mes pieds piquent littéralement, je suis en train de choper un cancer de la plante du pied et tout le monde s'en fou, je me fais bousculer par des badauds va-nu-pieds pour aller plus vite, j'agonise et on me pousse, merci l'humanité ! Je récupère enfin mes chaussures en ne manquant
pas de lancer mon regard le plus éloquent au mec derrière son écran, genre " ouh la la, surprise y avait pas de bombe cachée dans mes chaussures, waouh heureusement que t'étais là, mon pote ! ".




Et encore, j'ai eu de la chance d'en rester là et d'avoir échappé à la fouille corporelle parfois très zelée... une fois, à Milan, on m'a tellement pris pour une terroriste qu'on a ouvert ma valise, devant tout le monde, et j'ai du assister au spectacle d'un mec chipotant à pleines mains dans ma valise, faisant des guirlandes avec mes dessous et malmenant toutes mes robes qui ne peuvent absolument pas être chiffonnées, le tout avec ses sales doigts qu'il avait sûrement pas lavé. Et après on s'étonne que je me promène dans des vêtements qui ressemblent plus à rien et que Scott me photographie jamais.

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